IoT

Retours du SIdO 2018

Le SIdO, reconnu comme “le plus grand showroom international dédié à l’Internet des Objets” s’est tenu à Lyon du 4 au 5 avril 2018, rassemblant plus de 7 500 professionnels : designers, investisseurs, industriels ou bien encore start-ups. Plus de 250 intervenants et 350 exposants étaient ainsi présents pour aborder la question de l’IoT et de ses usages futurs.

Le marché de l’Internet des Objets (IoT) devrait passer de 170,57 milliards USD en 2017 à 561,04 milliards USD en 2022, avec un taux de croissance annuel composé (TCAC) estimé à 26,9% (1).

Ce marché en plein essor se transforme et vise à développer des services de qualité, dépassant ainsi sa réputation de « gadget » auquel l’IoT est encore souvent associé. C’est ainsi que perçoit notamment Laurent Felix, Senior Manager chez Wavestone « Dans le domaine de l’IoT, l’ère du gadget et du buzz est terminée. Aujourd’hui ce sont les cas d’usages et les services qui sont mis au premier plan. »

 

L’IoT santé : un business prometteur

 

L’IoT fonde sa croissance sur de nombreuses applications, et notamment la santé. Sujet de nombreuses conférences, la santé n’est encore qu’aux prémices de son développement. Thierry Picard (Pierre Fabre) évoque alors une « évangélisation du marché », en expliquant que la France peine encore à adopter l’IoT dans ce domaine.

Au niveau mondial, les études confirment que ce marché est amené à se développer fortement dans les années à venir. L’IoT est même pionnière en ce qui concerne l’utilisation sur le lieu de travail, puisque comme le révèle Aruba (2017), 60% des établissements de santé ont adopté cette technologie, et ils seront prêt de 87% d’ici 2019 (2).

Plus particulièrement, c’est aussi le marché des wearables dans le domaine de la santé qui a été scruté lors des conférences. Plusieurs enjeux ont été mis en avant par les intervenants : la protection, l’action, mais aussi la prévention. C’est en ce sens que plusieurs entreprises développent des wearables dans le but d’améliorer les conditions de vie des utilisateurs. Sur ce marché, le B to B prend le pas sur le B to C. En effet, alors que le B to B s’avère être mature, le marché B to C peine à décoller, la principale cause étant que bien souvent la valeur d’usage attribuée au produit n’est pas suffisante, cantonnant alors le wearable à un simple « gadget ».

Les freins à l’adoption sont bien identifiés et devront donc être levé rapidement pour conquérir ce marché. Le prix, souvent trop élevé par rapport à la valeur perçue par les utilisateurs, s’avère être un frein important. Se pose aussi le problème des données qui suscite une forte crainte chez les utilisateurs qui ne perçoivent pas toujours l’opportunité qu’elles offrent. Enfin, l’ergonomie est aussi évoquée par Philippe Delbary (Orange) : « Nous ne sommes qu’à la préhistoire de l’IoT ».
En ce sens, il est donc important de trouver et de mettre en avant la valeur ajoutée du produit. De plus, les données ne doivent pas être envisagées comme une finalité mais comme un moyen. L’un des autres conseils donnés par Anne Bluteau (E-vone : chaussures connectées pour seniors) est de créer un dispositif qui soit naturel, ne nécessitant pas un nouveau reflex de la part de l’utilisateur, mais plutôt qui se fond aisément dans ses habitudes.

La question du droit et de la responsabilité est encore plus prégnante dans ce domaine. En ce qui concerne les données, dès le 25 mai 2018, le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) viendra renforcer l’encadrement sur la protection des données à caractère personnel au niveau européen. Le partage de données médicales reste une question particulièrement sensible comme l’évoque Vanessa Chocteau (Docapost IoT) : « C’est un débat très clivant. Si cela aide la recherche médicale, sur des pathologies lourdes, que c’est encadré par les professionnels et que c’est pertinent, pourquoi ne pas vendre des données médicales ? Il faut regarder la question du sens. » Pour ce qui est de la responsabilité engagée par les fournisseurs d’IoT de santé, la question reste encore floue, et les réponses peu nombreuses à ce sujet.

RGPD & Sécurité comme enjeu pour l’IoT

 

Autre sujet marquant de cette édition, le RGPD qui entrera en vigueur dans les semaines à venir. Nombreuses ont été les conférences portant sur le sujet, avec une unanimité sur les opportunités qu’il pourra offrir. C’est notamment ce que s’accorde à dire Remy Bourganel (Brickchain) qui parle « d’Opportunité de business » et Ludovic Levy (Orange) qui la perçoit comme « bénéfique pour l’innovation ». En renforçant les grandes lignes de la loi Informatique et Libertés, en vigueur depuis 1978, le RGPD vise à accroitre le droit des utilisateurs en leur donnant plus de maitrise sur leurs données, en permettant un échange consenti des données pour un usage plus précis. Pour illustrer cette démarche Rémy Bourganel explique qu’avant le RGPD le consentement de l’utilisateur était « blanc ou noir, maintenant c’est une palette de gris ».

C’est ainsi que vont alors pouvoir émerger de nouvelles utilisations des données, notamment grâce à une meilleure circulation de celles-ci. Les utilisateurs auront donc le droit d’avoir un avis plus nuancé sur chaque question, en donnant leur accord sur certains points et pas sur d’autres.

« Un des objectifs de la RGPD est de rassembler la data dans l’entreprise pour que toutes les business units aient accès aux mêmes informations » (Rémy Bourganel). Cela conduira bien sûr à rétablir un certain niveau de confiance avec le consommateur. Cette démarche est démontrée par Ludovic Levy : en connaissant mieux les données, les entreprises connaitront mieux leur client, ce qui conduira à plus de personnalisation pour parvenir à améliorer l’expérience client.

Le RGPD introduit aussi le fait que les obligations ainsi que les pénalités seront les mêmes pour toutes les entreprises, mais aussi que chacun des partenaires devra y être conforme.

La sécurité informatique reste donc un des enjeux majeurs pour le développement de l’IoT, surtout en ce qui concerne des applications sensibles comme la santé. C’est aussi une nouvelle ère de l’IoT qui s’ouvre, l’ère du gadget laissant place à des applications plus concrètes et sérieuses.

 

Par Salomé SABRAS

Publié le 09/04/2018

 

(1)https://www.prnewswire.com/news-releases/the-internet-of-things-iot-market-is-expected-to-grow-from-usd-17057-billion-in-2017-to-usd-56104-billion-by-2022-at-a-compound-annual-growth-rate-cagr-of-269-300585814.html
(2) http://www.dsih.fr/article/2628/le-secteur-de-la-sante-s-interesse-de-pres-a-l-iot-afin-d-ameliorer-les-soins-des-patients.html

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