Les conseils de Kamitis

Les conseils de Kamitis : Fake News et bulles de filtres – comment les éviter

Le terme « Fake News » est devenu populaire il y a quelques mois grâce à Donald Trump qui ne se prive pas de l’utiliser lorsqu’il parle des médias.
Les bulles de filtres sont quand à elles moins connues du grand public mais n’en sont pas moins dangereuses.

Fake News et bulles de filtres : de quoi s’agit-il ?

D’après le dictionnaire Collins (1), Fake News peut être défini comme «false, often sensational, information disseminated under the guise of news reporting » (une information fausse, souvent sensationnelle, diffusée sous couvert de nouvelles).

Le terme « Bulle de filtre » (ou Filter Bubble en anglais) a été inventé par Eli Pariser en 2011 (2). Il défini ces bulles comme «l’état dans lequel se trouve un internaute lorsque les informations auxquelles il accède sur Internet sont le résultat d’une personnalisation mise en place à son insu. À partir des différentes données collectées sur l’internaute, des algorithmes vont silencieusement sélectionner les contenus qui seront visibles ou non par lui. Le terme de « bulle de filtres » renvoie à l’isolement produit par ce mécanisme : chaque internaute accède à une version différente du web, il reste dans une « bulle » unique et optimisée pour lui ».

Les Fakes News : comment sont-elles relayées et quelles mesures sont mises en place pour les éviter

Les Fake News sont surtout présentes sur les réseaux sociaux, là où n’importe qui peut donner son opinion et où personne n’en vérifie la véracité avant publication. Mais un média tout à fait respectable peut publier une information fausse par mégarde ou par choix.

D’après The Guardian, les réseaux sociaux sont utilisés afin de diffuser des messages de propagande et ce, à travers le monde (3). En Russie, 45% des comptes très actifs sur Twitter sont des bots (robots) qui ont pour seul but de diffuser une information donnée. En tout, on estime (4) que sur les 319 millions d’utilisateurs actifs sur Twitter dans le monde, 48 millions sont des bots. Le problème avec ces comptes Twitter ou même Facebook est qu’ils sont tellement actifs que parfois, leur version de l’information est la plus vue et lue.

Afin de contrer ce phénomène, Facebook, en association avec plusieurs  médias (5) dont ABC News, AP, FactCheck.org, Politifact et Snopes aux Etats-Unis et Le Monde, l’Agence France-Presse (AFP), BFM-TV, France Télévisions, France Médias Monde, L’Express, Libération et 20 Minutes en France, a déployé un dispositif dont le but est de donner la possibilité aux internautes de signaler une information qu’ils estiment « fausse » afin de la faire vérifier par les médias partenaires de cette opération.

L’éradication ou tout du moins la diminution des Fake News est une tâche qui incombe à tout le monde.
Tout d’abord, pour éviter leur propagation, il faut toujours lire un article avant de la partager. En cas de doute, il faut vérifier la fiabilité de la source à l’origine de cette information.
En ce qui concerne les réseaux sociaux, il faut privilégier les posts venant directement d’utilisateurs vérifiés (comptes officiels de journaux, du gouvernement…)  ou, si l’information a été relayée par un utilisateur lambda, vérifier le site d’où elle provient.

Dans tous les cas, le meilleur moyen de lutter contre les Fake News et de ne pas se faire prendre au piège est de privilégier les sources officielles et surtout, de multiplier les sources d’information.

Les Bulles de filtres : d’où viennent-elles et comment les éviter

Les bulles de filtres, au même titre que les Fake News, inquiètent. Mark Zuckerberg a déclaré (6) : “The two most discussed concerns this past year were about diversity of viewpoints we see (filter bubbles) and accuracy of information (fake news)” (Les deux plus grandes préoccupations de l’année écoulée concernaient la diversité des points de vue (bulles de filtres) et la précision de l’information (Fake News)).

Mais contrairement aux fausses informations qui circulent sur internet, ces bulles sont en très grandes partie de notre faute. En effet, nous partons tous avec des aprioris et ils se ressentent dans nos requêtes.

Les bulles de filtres se créent grâce aux informations stockées par les moteurs de recherche et aux algorithmes des sites sur lesquels nous allons. Ils finissent par connaître notre profil et nous suggèrent des liens ou des articles en accord avec nos recherches ou notre façon de penser.

Leur aptitude à deviner ce que nous voulons voir vient du fait que nous sommes extrêmement prévisibles : nos avis se ressentent à travers ce que nous tapons ou regardons en ligne, ce que nous aimons à travers nos « like »…
Nous nous enfermons nous-mêmes dans ces bulles de filtres. Afin d’en sortir, il faut modifier quelques habitudes : tout d’abord, il faut accepter les informations qui ne vont pas dans notre sens. Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas d’accord avec qu’elles sont fausses. Cet acceptation est un premier pas vers un esprit plus ouvert et donc moins enclin à rester enfermé dans sa bulle.

Conseil pratique

Le deuxième conseil pour sortir de sa bulle est un conseil pratique : ne pas toujours chercher l’information au même endroit et surtout, ne pas effectuer ses recherches exclusivement sur Google.
Les meilleures solutions pour parvenir à s’extirper d’une bulle de filtre sont de : lire ce qu’écrit un autre journal que celui que l’on a l’habitude de lire, ne pas taper des mots-clés qui biaiseraient les résultats, régulièrement effacer ses cookies et se servir de moteurs de recherche comme Qwant ou DuckDuckGo (on vous en parle ici) qui ne gardent pas les historiques de recherche et ne peuvent donc pas pister nos préférences.

 

Il n’y a pas de solution miracle ou d’application à télécharger pour éviter les Fake News ou les Bulles de filtres ; il suffit simplement d’être vigilent.

 

Par Marine Rouet

Publié le 29 juin 2017

 

(1) https://www.collinsdictionary.com/dictionary/english/fake-news

(2) https://lesmondesnumeriques.wordpress.com/2017/01/28/bulles-de-filtre-et-democratie/

(3) https://www.theguardian.com/technology/2017/jun/19/social-media-proganda-manipulating-public-opinion-bots-accounts-facebook-twitter

(4) http://www.cnbc.com/2017/03/10/nearly-48-million-twitter-accounts-could-be-bots-says-study.

(5) http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2017/02/06/huit-medias-francais-s-allient-a-facebook-dans-sa-lutte-contre-les-fake-news_5075054_3236.html

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