Blockchain

La Blockchain au service des véhicules autonomes

Il ne se passe pas un jour sans que l’on entende parler de Blockchain ou de véhicule autonome mais la plupart du temps, ces termes sont dissociés. En effet, de base, ils n’ont pas grand-chose à voir l’un avec l’autre. Mais il se pourrait bien que cette situation change dans les prochaines années.

Voiture autonome et Blockchain : définitions et utilisation

Pour être considérée comme autonome, la voiture doit être « équipée d’un système de pilotage automatique qui lui permet de circuler sans intervention humaine dans des conditions de circulation réelles » (1).

La Blockchain, quant à elle, est décrite comme « une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle.
Par extension, une blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne » (2).

De nos jours, la technologie Blockchain est utilisée presque dans tous les domaines : bancaire (transferts d’argent, smart contract), universitaire (délivrance ou vérification de diplômes), sécurité (presque impossibilité de pirater les objets connectés), etc.

Les voitures autonomes

La plupart des constructeurs automobiles et beaucoup de sociétés spécialisés dans la « tech » se lancent dans l’aventure des véhicules autonomes.

Les plus connus sont Tesla, Alphabet (Google) ou encore Apple. Mais ils ne sont pas les seuls. Un article de CBInsights (3) en répertorie 44 :

BI intelligence prévoit qu’entre 2018 et 2025, 2,4 millions de véhicules totalement autonomes seront expédiés (4).
Audi a annoncé la sortie de son véhicule autonome pour 2020, Ford et BMW, quand à elles, l’ont annoncée pour 2021 (5).
Le Boston Consulting Group (BCG) estime que d’ici à 2030 (6), 25% de la distance parcourue sur les routes américaines sera parcourue par des voitures autonomes partagées et que 5 millions de voitures « conventionnelles » par an seront remplacées par des voitures totalement ou partiellement autonomes.

Avec autant de véhicules autonomes sur les routes, les constructeurs auront besoin de solutions sûres et efficaces pour éviter le piratage ou le vol de données et pour continuer à innover.

L’exemple de Toyota

Le Toyota Research Institute, avec l’aide du MIT MediaLab ainsi que quatre autres entreprises, a décidé d’étudier la possibilité d’utiliser la Blockchain dans l’industrie automobile.

Son directeur, Chris Ballinger, soutient (7) : « Les données de conduite de centaines de milliards de miles pourraient être nécessaires pour développer des véhicules autonomes sûrs et fiables […] Les technologies de la blockchain et des registres distribués pourraient permettre de regrouper les données issues des propriétaires, des gestionnaires de flottes et des constructeurs pour atteindre cet objectif plus rapidement ».

En effet, les constructeurs et sociétés apprennent beaucoup de l’utilisation de leurs véhicules. Si un consortium venait à être formé, comme dans le domaine bancaire (8), cela pourrait accélérer non seulement la mise sur le marché mais aussi de futures mises à jour des systèmes embarqués. Afin de rendre le véhicule encore plus autonome, un système commun de paiement pourrait aussi être mis en place afin que le passager de la voiture n’ait pas à sortir sa carte bancaire lors d’un plein ou d’un passage sur l’autoroute par exemple. Les paiements se feraient directement dans la Blockchain par un signal émit par la voiture et définit par les constructeurs.
Mais ces derniers sont-ils prêts à mettre de côté leur course au premier arrivé et au plus performant afin de faire avancer la technologie en elle-même ? A l’heure actuelle, cela semble plus qu’incertain.

 

De façon plus générale, l’utilisation de la technologie Blockchain au service de l’industrie automobile autonome réduirait les risques de piratage de la voiture ou des données liées à la conduite ainsi que l’éventualité d’une panne de réseau. Les blocs ne pouvant pas être modifiés et les informations n’étant pas centralisées, une attaque sur l’ensemble du réseau semble peu probable. Il en est de même pour la panne : les informations se trouvant sur plusieurs serveurs, si l’un d’eux tombe en panne, cela n’affectera pas le fonctionnement du véhicule et la transmission de données.

Que les entreprises forment ou non une alliance, les avantages que pourrait apporter la Blockchain sont indéniables.

 

Par Marine Rouet

Publié le 23 juin 2017

 

(1) http://www.futura-sciences.com/tech/definitions/voiture-voiture-autonome-15601/

(2) https://blockchainfrance.net/decouvrir-la-blockchain/c-est-quoi-la-blockchain/

(3) https://www.cbinsights.com/blog/autonomous-driverless-vehicles-corporations-list/

(4) http://www.businessinsider.fr/us/self-driving-car-market-presents-a-strong-opportunity-for-samsung-2017-5/

(5) http://www.driverless-future.com/?page_id=384

(6) https://www.bcg.com/d/press/10april2017-future-autonomous-electric-vehicles-151076

(7) http://www.usine-digitale.fr/article/toyota-monte-un-consortium-autour-de-la-blockchain-pour-le-vehicule-autonome-mais-pas-seulement.N543994

(8) https://kamitis.com/Publication-Juillet-2016.html

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *