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Salon 3D print : Les principales tendances

Evénement annuel attendu, le salon 3D Print spécialement dédié à la fabrication additive s’est tenu à Lyon Eurexpo du 13 au 16 juin 2017. Les professionnels de l’impression 3D y étaient réunis autour d’un objectif commun : faire découvrir les nouveautés du domaine et les tendances prédominantes.

Si l’engouement reste vif autour de la fabrication aditive, la croissance annuelle du secteur est en léger repli. Récemment publié, le 22ème rapport annuel de Wohlers Associates (une référence en la matière) montre comment l’impression 3D a progressé de 17,4% en 2016 contre 25,9% en 2015 et représente un marché de 6,063 milliards de dollars au total. L’impression 3D ne représente à ce jour que 0.04% du marché mondial de la production et de la fabrication. A l’horizon 2027, cette part de marché va progresser mais sera de moins de 0,3% de la production mondiale. La fabrication additive est une lame supplémentaire sur le couteau suisse des technologies de mise en œuvre des matériaux, mais elle ne se substituera à aucune d’entre elles.

Un nouveau cap à franchir : la fabrication directe

Tandis que le prototypage et l’outillage rapides peuvent être considérés comme des acquis pour un certain nombre d’industriels, la fabrication directe demeure un challenge. Les premiers succès en la matière concernent le métal (tandis que les polymères se taillent la part du lion pour les prototypes) mais les verrous technologiques restent nombreux : la manipulation de poudres métalliques fines présente des risques au niveau de l’hygiène et de la sécurité, les post-traitements sont incontournables et les cadences de production très faibles par rapport aux procédés conventionnels, pour n’en citer que quelques-uns.

Sans compter qu’à iso-design, l’échec économique à court terme est garanti ! L’un des points forts de la fabrication additive résidant dans la liberté de conception qu’elle apporte et la complexité de forme qu’elle autorise, il faut l’utiliser pour gagner en poids ou encore réduire les assemblages. Ce qui suppose -entre autres- l’acquisition de logiciels d’optimisation topologique et la formation des personnels à la conception de pièces imprimées.

Une fois les étapes de la conception et de la fabrication franchies, le contrôle et le nettoyage des pièces restent complexes. On comprendra alors aisément que la fabrication additive directe s’adresse encore aujourd’hui à des secteurs d’application relevant du « haut de gamme » : aéronautique, sport automobile/automobile de luxe ou encore médical par exemple.

L’impression 3D au service de la santé

En effet la personnalisation que permet la fabrication additive prend tout son sens dans le secteur médical, avec la fabrication de prothèses et d’implants sur mesure. Les interventions sont alors moins longues, donc moins lourdes pour les patients et moins coûteuses pour les établissements de soins.

Dans ce secteur comme dans les autres, la fabrication additive nécessite cependant de nouvelles pratiques en matière de certification des pièces et de traçabilité notamment.

Enjeux juridiques et impacts économiques de l’impression 3D

Comme le souligne Fatima Ghilassene, Juriste, chargée d’études à l’Observatoire de la propriété industrielle de l’INPI, l’impression 3D présente des risques pour les titulaires de droits de propriété intellectuelle. En effet, des études de l’OCDE établissent qu’elle pourrait entraîner au niveau mondial une perte de l’ordre de 100 milliards de dollars par an en facilitant la réplication à l’infini d’œuvres protégées.

Cette menace doit cependant être relativisée, notamment dans la mesure où le marché grand public de l’impression 3D demeure aujourd’hui marginal. Au final, l’impression 3D ne remettrait pas en cause l’arsenal juridique existant mais poserait plutôt un problème d’échelle, qui pourrait être traité par une adaptation économique plutôt que par la législation.

En conclusion

On l’aura compris, ce serait un non-sens économique à ce stade de vouloir imprimer des pièces « simples », qui peuvent être obtenues par usinage ou fonderie pour le métal ou par injection pour le plastique. La technologie est aussi bien trop lente pour supporter les cadences de l’industrie automobile notamment et ne prend son sens que pour des pièces uniques, des petites ou moyennes séries à forte valeur ajoutée.

Par contre, elle est évidemment en évolution rapide et les projets, tant publics que privés, ne manquent pas pour lui permettre de changer de dimension. Le gouvernement de Catalogne a par exemple annoncé un investissement de 28 millions d’euros dans un centre mondial d’impression 3D à l’Université Polytechnique de Barcelone tandis que le groupe Thyssenkrupp annonce l’ouverture d’un centre dédié à l’impression 3D, qui devrait être inauguré en Allemagne en septembre 2017.

Il reste donc évidemment indispensable de suivre cette évolution, laquelle se traduisait à 3D Print par de nombreuses propositions de machines et de matières qui viennent bousculer les business models « verrouillés », tels celui de STRATASYS. Pour conclure, nous avons choisi de vous présenter deux fabricants présents sur le salon, dont les machines nous semblent intéressantes dans une optique de prototypage rapide.

Citons d’abord TOBECA (http://www.tobeca.fr/), dont le concept initial était « une imprimante 3D basée sur le procédé FDM, simple d’emploi, open source et accessible à une clientèle principalement constituée de particuliers à l’esprit bricoleur et Maker ». Au fur et à mesure de son développement, la société a été sollicitée pour la conception et la réalisation d’imprimantes 3D de grandes dimensions et l’activité s’est naturellement tournée vers une clientèle de professionnels, qui représentent maintenant plus de 90% de son chiffre d’affaires.

SINTRATEC (http://sintratec.com/) a mené une campagne de crowdfunding en 2014 pour mettre le frittage de poudre polyamide à la portée de tous… ou presque. Le résultat est une imprimante à 5 k€ en kit ou 20 k€ assemblée, avec un volume d’impression de 130 mm x 130 mm x 180 mm pour la seconde. Une machine « low cost » pour le frittage de poudre : voilà qui pourrait intéresser un certain nombre de bureaux d’études.

 

Par Elise Akiki, Marine Rouet, Khaled Baaziz

et Nathalie Pécoul

Publié le 16 juin 2017

Le reportage photo de notre passage au salon est disponible en cliquant ici

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